Les Etats perties prennent toutes,
les mesures appropritées pour éliminer la discrimination a l'égard de femmes ...
en ce qui concerne l'éducation de toute conception stérétypée des roles de l'bomme et de la femme...
en particulier, en revisant et en adaptant les métbodes pédagogiques

Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination a l'égard des femmes, ONU.1981

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Sophie la vache musicienne de Geoffroy de Pennart

Un joli livre contre le racisme et la discrimination qui ne traite pas du sexisme mais présente un personnage féminin extrêmement positif. Sur la couverture, une vache joue du piano. Dès sa fiche d’identité dans les pages de garde, nous savons qu’elle s’appelle Sophie, est femelle, brune à taches blanches, herbivore, mammifère, ruminante, bovidé. Et surtout nous comprenons que, bien que femelle, elle est protagoniste : de la couverture et du titre (c’est le cas pour seulement 24,8 % des albums) et de l’histoire (37 % des albums).

La sympathique Sophie est douée et ses amis l’admirent.
Elle s’habille simplement d’une petite robe trapèze vert pré, semée de marguerites blanches et lit le journal dans un grand fauteuil du type « fauteuil à papa » (un contre-stéréotype rarissime). C’est ainsi qu’elle apprend qu’un grand concours d’orchestre va avoir lieu et décide de tenter sa chance.
Entreprenante, ambitieuse, courageuse, sûre de son talent, elle part avec son attaché-case (symbole, dans les albums, du travail intellectuel) pour la grande ville.
Elle fait la tournée des petits orchestres qui recherchent des musiciens.
Elle en voit sept et essuie sept refus : le groupe « le sourire étincelant », un orchestre de carnivores, exclue les herbivores ; « Les herbivores mélomanes », des éléphants et des rhinocéros, la trouvent trop légère ;
« Les ruminants royaux » qui sont des girafes, la regardent de haut ; les bêtes à cornes trouvent les siennes trop modestes.
« L’ensemble orchestral bovin » sont des vaches noires : elle n’a pas la bonne couleur!.
Le sixième groupe, « Les bovidés musiciens » sont des vaches identiques à Sophie, mais, hélas, sa petite robe verte détonne : elles sont snobs.
Et puis il y a les vaches folles et là c’est elle qui refuse.

Découragée, Sophie s’attable seule à une terrasse de café (contre-stéréotype). Le serveur est Douglas, un chien musicien victime, lui aussi, de racisme : les poils trop courts ou trop longs, les oreilles trop pendantes, ou le museau trop pointu.
Ils décident de fonder ensemble un orchestre dont la discriminante serait… le talent. Les candidats, grands et petits, carnivores ou herbivores, ruminants, rongeurs, marsupiaux, affluent en réponse à leur annonce.
Côte à côte derrière un bureau (une rare image d’égalité professionnelle), Sophie et Douglas les écoutent tous et en engagent quatre : un éléphant trop maigre, un zèbre à la jambe de bois, un loup sentimental, une ourse obèse…
L’orchestre, dont Sophie est la chef, gagne le concours.


Bravo, mais quelle occasion perdue !
Comme nous aurions aimé que Sophie fût refusée, dans sa sixième tentative, par un groupe de bœufs (herbivores, mammifères, ruminants, bovidés, bruns à taches blanches) à cause de… son sexe !
Le sexisme serait-il moins grave que le snobisme?

AT.

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