Les Etats perties prennent toutes,
les mesures appropritées pour éliminer la discrimination a l'égard de femmes ...
en ce qui concerne l'éducation de toute conception stérétypée des roles de l'bomme et de la femme...
en particulier, en revisant et en adaptant les métbodes pédagogiques

Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination a l'égard des femmes, ONU.1981

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Editions:

Circonflexe

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Moi, j’aime pas les garçons…
Moi, j’aime pas les filles…

Au train où notre société se transforme, il est vrai qu’il faut qu’on fasse vite quelque chose pour protéger le bon vieux sexisme qui nous vaut tant de petites satisfactions… Qu’en serait-il des "ah, j’te jure, les femmes au volant…", des "m’en parlez pas ma bonne dame, les hommes à la cuisine…" si Circonflexe, éditeur avisé, ne veillait pas au grain ?

Ces deux livres, qui se veulent délurés et ne sont que démagogiques, suggèrent aux enfants un concentré des lieux communs les plus usés, servis par des images (années 70) faussement désinvoltes et franchement laides.
Dans le premier (« Moi, j’aime pas les garçons… » ) une fille caricaturale, petits volants, fleurettes, poupée et pas moins de six grands nœuds dans les cheveux, nous explique pourquoi elle n’aime pas les garçons… Elle nous dit qu’ils sont sales, dépeignés, ont de grandes oreilles, se curent le nez, aiment les insectes et les robots, mangent mal, ont des lunettes ( !!!)...
Mais, après avoir passé en revue les "torts" des garçons, la petite idiote finit (à la dernière page) par tout leur pardonner au nom de…leur irrésistible drôlerie!
"Avec eux on s’amuse toujours", déclare-t-elle, séduite.
Et c’est bien vrai que, l’humour étant génétiquement réservé aux mâles…

Parfaitement symétrique et encore plus manichéiste, "Moi, j’aime pas les filles…". Dès la première image, un garçon nous propose toutes les banalités d’un "éternel féminin" usé jusqu’à la corde : les filles sont bavardes, rapporteuses, cancannières, autoritaires, instables (un moment douces comme des anges, juste après de vraies sorcières…), pleurnichardes, peureuses. Elles font pipi à deux pour pouvoir continuer à se chuchoter des secrets, se couvrent de bijoux et d’oripeaux ridicules, rêvent toutes d’être danseuse étoile…( et ne seront, c’est moi qui te le dis, que des grosses poules mouillées ), ont des jeux débiles … J’en oublie. Mais comme la petite niaise de l’autre album, lui aussi passe aux aveux à la dernière page : elles ont beau être idiotes, il les trouve "géniales" lorsqu’elles le flattent en l’appelant "champion", lui font les yeux doux et lui offrent des gâteaux…(en attendant mieux). Au moment même où les jeunes adultes s’efforcent d’en finir avec les rôles imposés, de gommer les différences induites et mutilantes, voici deux livres pour rappeler aux garçons que les filles sont irrémédiablement bêtes et qu’on peut les mépriser sans risque, puisqu’elles finiront par se laisser séduire par leur esprit. Et aux filles que les yeux doux, les gâteries et les fanfreluches leur donnent un grand pouvoir sur les garçons (pourtant plus spirituels, faut bien le dire !).

Deux livres dont le propos est de renforcer les enfants dans les lieux communs sexistes et leur fournir (on ne sait jamais, ils pourraient ne pas y songer!) les arguments du mépris et de l’intolérance, les armes d’une lamentable, ancestrale guégerre. Deux livres utiles si on veut que les hommes et les femmes continuent de se jeter à la tête l’"éternel féminin", si agaçant et la si séduisante virilité bien rugueuse.

Où l’éditeur de ces deux pamphlets a-t-il donc la tête ?
Pourquoi ressortir ces vieilles images, ces poncifs, ces clichés éculés?
Quel avenir Vittoria Sacchini veut-elle préparer, qui brosse avec tant de complaisance ces scènes lamentables d’incompréhension et de mépris?
Faut-il croire que ces livres, qui trouvent amusant le sexisme brutal des enfants, sont là pour rassurer parents et éducateurs sur la fatalité des rapports de pouvoir entre les sexes,?

AT.

www.ducotedesfilles.org