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Critiques livres jeunesse
Sophie la vache musicienne de Geoffroy de Pennart
Kaléidoscope 1999
Un joli livre contre le racisme et la discrimination qui ne traite pas du sexisme mais présente un personnage féminin extrêmement positif.
Sur la couverture, une vache joue du piano. Dès sa fiche didentité dans les pages de garde, nous savons quelle sappelle Sophie, est femelle, brune à taches blanches, herbivore, mammifère, ruminante, bovidé.
Et surtout nous comprenons que, bien que femelle, elle est protagoniste : de la couverture et du titre (cest le cas pour seulement 24,8 % des albums) et de lhistoire (37 % des albums).
La sympathique Sophie est douée et ses amis ladmirent.
Elle shabille simplement dune petite robe trapèze vert pré, semée de marguerites blanches et lit le journal dans un grand fauteuil du type « fauteuil à papa » (un contre-stéréotype rarissime). Cest ainsi quelle apprend quun grand concours dorchestre va avoir lieu et décide de tenter sa chance.
Entreprenante, ambitieuse, courageuse, sûre de son talent, elle part avec son attaché-case (symbole, dans les albums, du travail intellectuel) pour la grande ville.
Elle fait la tournée des petits orchestres qui recherchent des musiciens.
Elle en voit sept et essuie sept refus : le groupe « le sourire étincelant », un orchestre de carnivores, exclue les herbivores ; « Les herbivores mélomanes », des éléphants et des rhinocéros, la trouvent trop légère ;
« Les ruminants royaux » qui sont des girafes, la regardent de haut ; les bêtes à cornes trouvent les siennes trop modestes.
« Lensemble orchestral bovin » sont des vaches noires : elle na pas la bonne couleur!.
Le sixième groupe, « Les bovidés musiciens » sont des vaches identiques à Sophie, mais, hélas, sa petite robe verte détonne : elles sont snobs.
Et puis il y a les vaches folles et là cest elle qui refuse.
Découragée, Sophie sattable seule à une terrasse de café (contre-stéréotype). Le serveur est Douglas, un chien musicien victime, lui aussi, de racisme : les poils trop courts ou trop longs, les oreilles trop pendantes, ou le museau trop pointu.
Ils décident de fonder ensemble un orchestre dont la discriminante serait
le talent.
Les candidats, grands et petits, carnivores ou herbivores, ruminants, rongeurs, marsupiaux, affluent en réponse à leur annonce.
Côte à côte derrière un bureau (une rare image dégalité professionnelle), Sophie et Douglas les écoutent tous et en engagent quatre : un éléphant trop maigre, un zèbre à la jambe de bois, un loup sentimental, une ourse obèse
Lorchestre, dont Sophie est la chef, gagne le concours.
Bravo, mais quelle occasion perdue !
Comme nous aurions aimé que Sophie fût refusée, dans sa sixième tentative, par un groupe de bufs (herbivores, mammifères, ruminants, bovidés, bruns à taches blanches) à cause de
son sexe !
Le sexisme serait-il moins grave que le snobisme ?
AT.
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